Ah, un bon soda. Que ça fait du bien de boire un verre de sucre gazéifié bien frais. Et dans le monde du soda, l’un des plus connus reste Pepsi.
Mais saviez-vous qu’à défaut d’être le numéro 1 mondial de la boisson, Pepsi a été, l’espace d’un instant, la sixième puissance militaire maritime du monde ?
1959 : quand Pepsi s’invite dans la guerre froide
Tout commence en 1959. Alors que les États-Unis et l’URSS sont en pleine guerre froide, une trêve se dessine entre les deux blocs. Profitant de l’occasion, chacun des deux camps décide d’organiser des salons pour se présenter mutuellement leur culture. Bien évidemment, l’idée derrière tout ça est de montrer que l’herbe est plus verte chez soi.
C’est ainsi que le 25 juillet 1959 s’ouvre au parc des expositions de Moscou le salon « American Way of Life ». On y retrouve des grandes marques comme Disney, IBM, mais surtout Pepsi.
Nikita Khrouchtchev, dirigeant soviétique de l’époque, se fait alors conduire entre les différents stands par le président Richard Nixon lui-même. Alors que les caméras filment les échanges entre les deux dirigeants, Nixon emmène son homologue soviétique vers le stand de Pepsi, où les attend Donald Kendall, responsable de la marque.

Bien évidemment, cela n’est pas un hasard. L’invitant à goûter ce breuvage qu’il ne connaissait pas, Nixon arrive à faire boire ce symbole du capitalisme au chef du communisme, qui en redemande. Pepsi, lui, se frotte déjà les mains en s’offrant ainsi une campagne de pub inimaginable : « la paix entre États-Unis et URSS grâce à Pepsi ».
Du troc à la vodka : Pepsi conquiert l’URSS
Devant le succès qu’il remporte auprès de Khrouchtchev, Kendall, devenu PDG de Pepsi entre-temps, va négocier pour distribuer sa marque à travers l’immensité du territoire soviétique. Et ce, dès 1972.
Mais un problème se pose : le rouble, la monnaie soviétique, n’a pas vraiment de valeur en dehors de l’URSS. Vient alors l’idée de faire comme au bon vieux temps : du troc.
Pepsi va ainsi échanger sa boisson contre de la vodka Stolichnaya et l’exclusivité de sa vente sur le territoire américain. On estime qu’entre 1973 et 1981, ce ne sont pas moins de 20 millions de litres de vodka qui seront échangés contre 330 millions de litres de concentrés de Pepsi, ensuite dilués et mis en bouteille dans une dizaine d’usines en URSS.

La guerre en Afghanistan change la donne
Cependant, la guerre en Afghanistan en 1979 fait chuter les ventes de vodka, boycottée par les Américains en réponse à l’intervention soviétique. Ajoutez à cela les finances de l’URSS en baisse, et le contrat entre Pepsi et le Kremlin est renégocié.
Dès 1989, ce n’est plus de la vodka qui sera échangée contre le précieux liquide brun, mais d’anciens navires de guerre. Pepsi se retrouve alors à la tête de 17 sous-marins, un croiseur, une frégate et un destroyer, devenant ainsi, sur le papier, la sixième puissance militaire maritime du monde.
Pepsi, désarmement express
Ne voulant pas jouer avec le feu, Pepsi décide rapidement de revendre ses navires à la Suède et à la Norvège, qui les démonteront pour en récupérer les matériaux.
Kendall se fera d’ailleurs interpeller par le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis au sujet de ses bateaux de guerre. Il lui répondra, malicieux : « Nous désarmons l’URSS plus vite que vous ! », laissant le conseiller pantois.
1990 : la fin d’un monopole
À noter qu’en 1990, une deuxième livraison, comprenant cette fois 10 cargos et pétroliers, devait avoir lieu. Mais la chute de l’URSS mit fin à cet échange et, par la même occasion, au monopole de Pepsi dans l’ex-union soviétique.
Une histoire qui prouve qu’avec Pepsi, même la guerre froide peut devenir… pétillante.







